Marek HŁASKO

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Marek Hłasko (1934-1969), écrivain au destin brûlé passé à l’Ouest très jeune, est une découverte Mirobole : opposant au régime communiste, devenu une légende en Pologne, comparé à Jack Kerouac pour son approche de la littérature et à James Dean pour son destin brûlé : « Un écrivain autodidacte surdoué, un rebelle-né », dit de lui Roman Polanski. Lui-même faisait cette profession de foi amère : « Il ne vaut la peine d’écrire des livres que si on a franchi la dernière frontière de la honte ; l’écriture est quelque chose de bien plus intime que le lit, pour moi en tout cas ».
Il représente une nouvelle génération, celle de l’après-guerre. Ses nouvelles, publiées très jeune dans des revues littéraires, lui valent rapidement de devenir le chef de file des « jeunes gens en colère » polonais d’après-guerre. Il y exprime avec brutalité son refus des valeurs intellectuelles et morales de l’étouffante société socialiste de l’ère stalinienne. A 24 ans, il profite d’une bourse d’études à Paris pour échapper au régime communiste ; durant ce séjour en France, les autorités polonaises lui imposent de choisir : rentrer dans son pays à condition d’écrire des textes moins critiques sur le régime, ou rester en exil. Il choisit la seconde option, et passera les dix années suivantes hors du bloc de l’Est. Vie folle et scandaleuse, entre l’Europe, Israël et Los Angeles, où l’invite Roman Polanski.
Par ses nouvelles et ses romans, il tente entre autres d’expliquer sa vie à ses compatriotes restés en Pologne et de décrire au monde de l’Ouest la vie sous le communisme, à travers des textes à tonalité noire, voire désespérée, à mille lieues de l’optimisme social-réaliste. Un de ses romans majeurs, Les Cimetières, raconte justement comment un communiste convaincu finit par être broyé par le système auquel il croit. Hlasko meurt prématurément à l’âge de 35 ans dans un hôtel de Wiesbaden (Allemagne de l’Ouest), d’une dose massive d’alcool et de barbituriques.
Parmi son oeuvre abondante, dont La Mort du deuxième chien et Converti à Jaffa traduits chez Mirobole, Hlasko a par ailleurs publié un récit semi-autobiographique, traduit en France en 2012 sous le titre ironique La Belle Jeunesse (éditions Noir sur Blanc). Il y déclare, à l’intention des écrivains en herbe : « Chacun devrait travailler pendant quelque temps pour la police secrète afin de peaufiner son style et aiguiser sa pensée. Il faut écrire les livres comme on écrit une dénonciation. »

Bibliographie chez Mirobole

1965 : Drugie zabicie psa – La Mort du deuxième chien
1966 : Nawrócony w Jaffie – Converti à Jaffa